Dans le tiroir

Dans le tiroir

Recyclage sonore intime et social

Léa Minod

Dans le tiroir, c'est un peu comme du recyclage, mais version sonore. On fouille dans nos disques durs, on retrouve des anciennes interviews, des ambiances d'antan. Et hop, on passe le tout à la moulinette de nos oreilles pour donner naissance à une création sonore inédite. Ici, pas de talk, pas de conversation, mais des reportages ou des créations élaborées pour des oreilles curieuses. Comme si on ouvrait un vieil album de famille.. mais avec les écoutilles.

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Ca se passe comme ça quand on a 16 ans, aujourd'hui

On a tous des histoires à 16 ou 17 ans qu’on raconte à nos potes, en société, parce qu’elles peuvent les faire marrer ou nous admirer. Des histoires qui nous font pousser des ailes aux yeux des autres. On a tous aussi des souvenirs qui restent enfouis. Des histoires moins glorieuses qu’on ne raconte pas à tout le monde, seulement à l’ami.e qui tend l’oreille.
Ces histoires, en voici quelques unes, récoltées lors d’un atelier radio en 2018 auprès des élèves de TSTMG de la formidable enseignante Mme Manenti. C’est avec elle que je fais chaque année des projets radio. Elles racontent l’adolescence d’aujourd’hui, la puissance des réseaux sociaux mais aussi la permanence de certaines expériences intemporelles.
*La première agression, le premier vol dans un magasin qui a mal tourné, la rencontre avec un pigeon, la première fête.

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Alors on ouvre le tiroir et avec ces voix d’adolescent, on plonge dans les mémoires de nos 17 ans.

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A la Tagnière, l'épicière Martine était catcheuse

On est vendredi matin, en septembre 2019, dans l’épicerie de Martine. Ancienne catcheuse devenue épicière dans un petit village de Saone-et-Loire.

La dernière fois que je l’ai vue, en cinq minutes, deux habitants ont franchi la porte de l’épicerie et se sont jetés dans ses bras. C’était la fin de l’été, l’un retournait au canada après quelques semaines ici, l’autre annonçait une mauvaise nouvelle au creux de l’oreille. Martine a ouvert ses épaules, et laissé les larmes venir. Elle m’a dit « je ne suis pas qu’épicière, je suis psy aussi ».

« Madame la maire » c’est comme ça qu’on la surnomme. M A I R E ou M E R E, je n’ai jamais osé demander. Je l’équipe d’un micro qu’elle laissera ouvert pendant deux jours, juste avant ses vacances.